Compost mûr : quand l'épandre, à quelle dose, et pour quels légumes
Le compost s'épand à l'automne ou en fin d'hiver, en surface avec un léger griffage — et pas à la même dose partout : de 3 à 5 kg/m² pour les tomates à zéro pour l'ail et les oignons.
Reconnaître un compost prêt
Un compost mûr est sombre, grumeleux, et sent le sous-bois ; on n’y reconnaît plus les déchets d’origine, hors quelques coquilles d’œuf et bouts de bois. Dans le doute, semez quelques graines de cresson dans un pot de ce compost : une levée rapide et verte signe un compost mûr, une levée médiocre trahit un compost encore trop jeune, qui « brûlerait » les cultures sensibles.
Le bon moment et le bon geste
L’ADEME recommande d’épandre à l’automne ou en fin d’hiver, en surface, avec un léger griffage pour l’incorporer aux premiers centimètres. Inutile — et contre-productif — de l’enfouir profondément à la bêche : la vie du sol qui l’exploite vit en surface. Le compost demi-mûr, encore grossier, peut quant à lui servir de paillage nourricier d’environ 2 cm entre les rangs.
Doser selon les légumes, pas au pif
Tous les légumes n’ont pas le même appétit. Les repères ADEME :
- Gourmands — 3 à 5 kg/m²/an : tomates, courges, courgettes, poivrons. C’est l’équivalent d’une bonne brouette pour 20 à 30 m².
- Appétit moyen — 1 à 3 kg/m²/an : carottes, haricots, laitues.
- Sobres — aucun apport : ail, oignons. Un excès de matière organique fraîche favorise même leur pourriture.
La rotation devient alors simple : on composte généreusement la planche des gourmands, et les sobres passent l’année suivante sur cette même planche, sans nouvel apport.
La limite honnête
Le compost est un amendement : il nourrit le sol et sa structure, progressivement. Il ne corrige pas en huit jours une culture qui a faim — pour un coup de pouce rapide en saison, c’est plutôt le rôle d’un purin d’ortie dilué.